Apres le passage des douanes sans encombre entre le Kyrgystan et l'Ouzbekistan, j'arrive en vers 15h00 (heure locale, encore un fuseau horaire de passe!) apres une rapide (lire : voiture a pleine vitesse) traversee dans les champs de coton de la vallee du Fergana.
Mon hotel 'offert' avec l'invitation pour l'Ouzbekistan est idealement situe a 50M de l'ambassade Turkmene. En fin de journee, je rejoint les anglais rencontres au Kyrkystan et nous partons prendre l'apero en ville et manger un petit morceau. Nos contraintes de planning et de visas respectifs ne nous permettrons pas de poursuivre la route ensemble...
Le lendemain matin, je file a l'ambassade du Turkmekistan pour m'inscrire sur la liste des visites. Je retourne a mon hotel prendre le petit dejeune et reviens vers les 11h00 comme indique precedement par le garde. Le meme garde me dit de revenir vers 12h00. Une heure et quelques minutes plus tard, j'entre enfin dans l'ambassade ou l'on me remet deux formulaires differents a remplire. Une fois cette tache accomplie, le tres antipathique prepose aux visas m'informe du prix et me dit de ne pas revenir avant le mardi suivant a 17h00.
L'apres-midi, je retrouve les Anglais et Philippe, le canadien egalement rencontre au Kyrgystan. Nous passons la soiree a discuter voyage et a boire des bieres locales. Les Anglais, toujours dans l'euphorie des bonnes nouvelles de leur business, nous invientent ensuite dans un excellent restaurant indien de la ville.
SI il ne sera pas possible de poursuivre un bout de route avec James et Lawrence, il me sera par contre possible de traverse une bonne partie de l'Ouzbekistan avec Philippe, qui a plus ou moins le meme programme que moi pour les jours a venir.
Le lendemain je pars achete un billet dans le meme train que Philippe, pour le lendemain soir, en direction de Noukous, dans le nord du pays. Je retrouve ensuite Phil et deux autres anglais et nous passons la soiree sur les accueillantes terrasses de la ville.
La journee suivante sera consacree a la visite de la ville. Ce n'est pas franchement la plus belle ville du monde mais nous y passerons tout de meme la journee. En fin d'apres-midi nous nous rendons a la gare pour attraper le train pour Noukous. Nous negocions avec le chef du wagon pour etre dans le meme compartiment (le voyage est en Kupe, 2eme classe: une premiere pour moi! Pas vraiment plus luxueux que la 3eme, mais peut etre un peu plus calme). Nous atterissons dans un compartiment occupe par un grand-pere, son fils et ses deux petits-fils. Le grand-pere est le seul vraiment sympatique. Il nous offrira des bieres, des oeufs et du pain. Il gardera egalement nos bagages durant notre sejours au wagon-restaurant. Au wagon restaurant justement, nous buvons la plus infame biere que j'aie jamais bu: la Patriot. Le pauvre canadien devra aller la vomir tellement elle etait mauvaise... Pour ma part je me suis contente de ne pas la boire!
Apres 22 heures de trajet, nous arrivons en fin d'apres-midi a Noukous, capitale de la Republique Autonome de Karakalpakie. Cette paisible cite etait jadis la porte d'acces a la mer d'Aral et hebergeait a la belle epoque sovietique un centre d'essais d'armes chimiques.
Selon les specialistes de Medecin Sans Frontiere present ici, les doses de produits nocifs dans les denrees locales depassent de plusieurs fois les valeurs limites. Il en resulte une population globalement en mauvaise sante et une esperance de vie reduite.
Autre fleau de la region, l'ancien site d'essais d'armes bacteriologiques, situe sur une ile au millieu de la mer d'Aral. Le probleme est que maintenant l'ile n'en est plus une et que des rats contamines risques de propages quelques maladies extremement dangereuses...
Mais le plus grand malheur de la region est l'assechement de la mer d'Aral. Pour avoir un bon apercu de cette tragedie, nous nous rendons a l'Union pour la Defense de la Mer d'Aral et de l'Amou-Daria (le fleuve cote ouzbek qui alimentait la mer). ( www.UDASA.org), juste apres avoir negocier une chambre a la limite de l'insalubrite dans un des hotels de la ville.
Nous sommes donc recu par le sympatique president de cette association qui nous explique que la cause de l'assechement est du a une mauvaise gestion de l'eau. L'eau est en effet detournee du fleuve AMou-Darie par une multitude de canaux dans le but d'irriguer les champs de coton et de riz. Le probleme est que moins de 5% de l'eau, selon les plus optimistes, atteint effectivement les plants. Le reste est perdu par ruissellement, evaporation ou atteind d;immense lacs artificielles au bout des canaux. Le resultat est que l'Amou-Daria arrive quasiment a sec a Noukous. Le bonhomme est tres sympa et il nous fait part de ses sentiments separatiste (il est Karakalpake) et nous raconte comment la moitie de sa famille a ete tuee par les sovietiques. Il nous parle egalement de la repression du 'president' actuel et s'etonne d'etre lui-meme toujours en vie malgre son combat qui va ouvertement a l'encontre de la politique du gouvernement. Selon lui la solution serait de fermer les canaux (que l'on doit officiellement nommer rivieres) et de les ouvrires juste ce qu;il faut quand il faut pour irriguer les champs. Il a aussi d'autres idees comme privatiser les exploitations agricoles et leurs faire payer l'eau.
Nous partons le lendemain matin en direction de la station de bus pour nous rendre a Moynak, un ancien village de pecheurs. Au terminal des bus, nous rencontrons deux francais qui se rendent egalement la-bas. Nous decidons de partager un taxi a quatre plutot que de prendre un bus poussif et peu veloce. Cela permettra egalement de faire l'excursion en une seule journee.
Sur place nous pouvons effectivement constater qu'il n'y a plus de mer. Le rivage est maintenant a 150km de la. Nous faisons la 'traditionnelle' ballade entre les bateaux rouilles.
Une des nombreux problemes de l'assechement est que partout ou l'eau se retire, le sol est inutilisable a cause du sel. Le probleme est aussi que le sel est emporte par les vents et se depose notemment sur les glaciers des Pamirs, accelerant ainsi la fonte...
Le reste d'eau a subit une enorme augmentation de la salinite, ce qui fait que maintenant il n'y a plus de poissons, hormis une variete de carpes mutantes. De toute maniere, vu la pollution chimique de la region, mieux vaut s;abstenir de manger quoique ce soit en provenance de cette region.
Retour sur Noukous en fin de journee et visite du musee d'art de la ville, qui contient toutes les oeuvres que les sovietiques ont exiles car par en adequation avec la ligne du parti. Tres interessant.
Le soir nous rencontrons un Gallois que Phil avait rencontre au Pakistan. Nous ecoutons avec interet ses recit de voyage en Afganistan durant toute le soiree.
Le lendemain matin, retour a la station de bus ou nous embarquons dans un bus hors d'age en direction d;Ourgench, pour rejoindre ensuite Khiva. Trajet long et chaotique. Arrive a Ourgench, le chauffeur du bus nous indique ou prendre un trolleybus pour parcourire les 30km jusqu'a Khiva a bon prix ainsi qu'un petit restaurant bien szmpatique dans le bazar. Apres une rapide repas, nous embarquons dans les trolleybus bonde et surchauffe pour une bonne heure de trajet.
Nous arrivons finalement a Khiva en fin d'apres-midi et nous trouvons une auberge a l'entree de la vieille ville.
Visite du site pour le reste de l'apres-midi, en entrant sur les cotes pour eviter de payer la taxe d;entree. La ville est impressionante et c'est vraiment beau. On peut cependant regretter que la 'vraie' vie ait deserte la ville. Ca ressemble plutot a un musee geant.
le lendemain, apres un petit dejeune, nous faisons encore un tour de la vieille ville avant de repartir en trolleybus a Ourgentch et d;attraper un bus pour Boukara. Le trajet se prolonge et nous arrivons a notre destination a 2h00 du matin, a la gare routiere distante de plusieurs kilometres du centre ville. Apres une longue et houleuse negociation avec les taxis, nous arrivons enfin sans une petite guesthouse rudimentaire mais accueillante.
Le lendemain, visite de la ville et de ses nombreuses merveilles. Nettement plus vivante que Khiva et agreable malgre. la aussi, les meutes de touristes un peu partout. Dans la journee je reserve un billet de train pour retourner a Tashkent. Phil reserve un billet dans le meme train, mais pour Samarcande.
Le soir venu nous partons donc pour la gare situee a quelques 6km du centre ville et prenons nos places en platskartny (3eme classe). Nous avons les plus mauvaises places : contre le fenetre du couloir, coince entre deux cloisons qui empeche de faire depasser les pieds. Dans le wagon, nous retrouvons un Allemand qui sejournait a Bishkek. Nous partons tous les trois manger un morceau au wagon-restaurant (le planning de la journee ne nous a pas laisse le temps de faire des courses avant d'embarquer).
Je me reveil ensuite le lendemain matin a Tashkent, apres une mauvaise nuit de sommeil. Contrairement a mon idee initiale qui consitait a reprendre un train pour Samarcande le soir meme, je decide de prendre une chambre pour me reposer un peu et pour pouvoir prendre une douche. A 17h00 je me rends a l'ambassade. Le fonctionnaire acceptera de justesse de differer ma date d'entree d'un jour (le 24 donc). Je m'acquitte des 31$ du visa, il tamponne mon visa et me lance mon passport a travers le guichet. Je me fais ensuite sortir de l'ambassade par le garde sans menagement... Ca donne envie d'aller au Turkmekistan !
Le lendemain je pars assez tot a la station de bus et pars pour samarcande a bord d'un taxi partage. J'y arrive apres quatre heures de route. Je rejoint le centre ville en taxi et de la mon hotel. Ambiance sympa et decontractee dans cette petite guesthouse. En guise de cadeau de bienvenue, j'ai droit a un the avec du raison et des biscuits. L'endroit est plein de francophones.
En fin de journee Phil revient d'un tour de ville. Comme a l'accoutume a de pareils heures, nous attaquons l'apero, entrainant avec nous les autres francais de l'endroit. Nous mangeons ensuite a la guesthouse et nous faison connaissance de deux francaises tres sympatiques. Nous poursuivons la soiree avec elles et nous feront honneur a leurs bouteille de vodka. Vers les 3h00 du matin, apres quelques bieres de rincage, tout le monde va dormir. J'ai en tete de me lever vers 5h00 pour aller faire un tour au Registan et soudoyer un garde pour monter dans le minaret voir le lever du soleil. Mais a l'heure venue, impossible de sortir du lit... on verra ca le jour suivant.
Je me leve finalement vers les 9h00 et pars arpenter la ville apres un bon petit dejeuner arrose d'aspirine.
Le lendemain matin, je reussi a me tirer hors du lit vers les 5h00 et tente d'aller voir de pres ce fameux Registan. Le monument est ferme au publique depuis quelques jours en raison des preparatifs d'un spectacle qui aura lieu le week-end prochain, ce qui fait que je n'ai pas encore pu m'en approcher. Malheureusement, impossible de negocier avec les soldats. Le site est boucle et a ce que je comprend le tyran local doit assister au spectacle, donc pour des raisons de securite, pas possible d'entrer. Le site est aussi bien garde qu'une base militaire. Je me contenterai donc des vues de loin. Je profite pour aller redormir un peu avant de partir de Samarcande pour Boukara. Apres plusieurs heures de route, le bus stoppe et les passagers doivent monter dans un minibus qui achevera le trajet. Tout cela n'a pas aider a prendre de l'avance et j'arrive vers 15h30 a Boukara.
Le poste frontiere est a 1h-1h30 de voiture d'ici et il ferme a 18h00. Pas trop le temps pour tenter les transports publiques jusque la-bas. Je dois imperativement passer la frontiere aujourd;hui, sinon je risque des complications administratives inimaginables, pouvant aller jusqu'a me faire refiare mon visa de transit... Je negocie donc durement un taxi, avec un prix debutant a 100$ que je verrai descendre a 30$ en usant de patience et de perseverance (20 minutes de negociations). J'essaie encore de faire descendre le prix mais aucun des chauffeurs presentr n'accepte d'aller plus bas.
En route donc pour la frontiere Turkemene, apres avoir passer embarquer le pere du chauffeur qui lui seul connait la route. Apres une grosse heure de route nous arrivons enfin au premier poste de controle de la frontiere, point au dela duquel mon taxi n'est pas autorise a rouler. Il y a des navettes expres pour franchir ces derniers kilometres. Le jeune du taxi me demande maintenant une rallonge de 20$ parceque soit disant le prix fixe allait uniquement jusqu'au dernier village a quelques kilometre du poste de controle, dont il va sans dire que j;ignorais tout autant le nom que l'exsitence de cette bourgade. Bref, la negociation portait clairement sur mon transport a la frontiere et nous nous etions bien mis d;accord sur le prix. Je refuse donc de payer un cent de plus . La discussion s'eternise et le ton monte. Les soldats du poste de controle s'en mele et prennent evidemment position pour le chauffeur de taxi. Les chauffeurs des navettes regardent et commentent la scene. Par chance j'ai fait ecrire le prix et peux ainsi justifier ma position aupres des soldats, meme si ils essaient de me dire que le prix normal est de 50$. Au bout d'un moment ils controlent tout de meme mon passeport et me laisse passer. Les minibus pour la frontiere sont antipathique au possible et me demande un prix surrealiste pour franchir les quelques kilometres. JE decide de me lancer a pied sous un soleil de plomb. Par chance, 200M plus loin un camion turc est arrete et je demande au chauffeur si il veut bien me pousser a la frontiere. Il accepte bien volontier et me dis juste qu'il attend sont collegue qui est encore au poste de controle. J'arrive donc rapidement a la frontiere.
La premiere partie de la douane controle distraitement mes enregistrements aupres des autorites (un petit post-it par nuit d;hotel a presenter) et mon passport sans aucun probleme. Je passe ensuite dans le batiment du controle des sacs. La un jeune imbecile a dans l'idee de vider mon sac, pendant que son abruti de chef veut compter l'argent que je transporte pour m'assurer que j'ai tout declare. A chaque billet qu'il compte il me demande si il peut le garder, ce a quoi je repond chaque fois non, meme pour 1$. Ils me font ensuite vider mes poches, ce que je fais en les retournants ensuite pour montre qu'elles sont bien vides. Ils sont assez decu de trouver que 110$ et des travellers cheque.. ils peuvent difficilement s'emparrer d'un billet a mon insus tellement il y en a peu...
Ce qu'il ne savent pas c'est que j'ai planque le reste de ma forune dans mon pantalon... Ca evite de les tenter meme si il faut frauder un peu. Bref apres avoir refait mon sac, je me rend finalement a la douane turkmene, apres un trajet de1-2 kilometres dans un no man's land remplis de camions qui attendent pour passer. Certains chauffeurs m'invitent pour le the mais la douane fermant tout prochainemenet je dois decliner leurs invitations pour arriver a temps.
Apres quelques points de controle, j'arrive dans le bureau de la douane. Le responsable parle anglais et me demande pourquoi je suis en retard. Il m'explique que la douane est sur le point de fermer et j'ai donc droit a un traitement express. Je donne tout d'abord mon passport a un guichet qui me donne deux formulaires a faire tamponner un peu plus loin. Ensuite je passe a un autre guichet pour payer la taxe d;entree de 12$ et je retourne avec tous les documents au premier guichet qui valide alors mon entree etme remet une carte d'entree.
Je passe ensuite au controle douanier ou un des responsable remplira pour moi la declaration de douane et se chargera d'obtenir les trois validations necessaires. Je passe ensuite un ultime controle ou l'on me repete encore une fois 'Welcome in Turkmekistan. C'est le premier pays ou l'on me souhaite la bienvenue a la douane!
Je prend ensuite un taxi pour Mary. Ce que je n'avait pas prevu c'est que le soleil disparait ici peu avant 20h00, ce qui obligera a terminer les dernieres heures du trajet de nuit. Pas evident avec tout les vehicules sans phares et les chameaux non eclaire, le tout sur a 150km/h sur une route tres moyenne...
J'arrive finalement sans encombre a Mary et prend une chambre dans un des hotels de la ville: un vieille etablissement sovietique delabre ...